Ancien globe-trotter, Gérard Gheleyns s’est souvenu de sa vie nomade pour aménager son duplex sous les toits de Paris comme une cabine de bateau. Résultat : un maximum de confort dans un minimum d’espace.
Après avoir vécu dix ans en Indonésie et travaillé dans de nombreux pays, Gérard revient en France avec de nouveaux projets. À Paris, il retrouve la chambre de bonne de 12 m2 qu’il occupait quand il était étudiant. Pour exploiter les combles, il fait casser une partie du plafond et récupère ainsi une hauteur totale de 3,80 m, ce qui lui permet de créer une mezzanine de 7 m2. Sans faire appel à un architecte, il dessine seul les plans de son logement et réussit à y installer une entrée équipée d’un dressing, un coin bureau, une salle de bains, une petite cuisine américaine donnant sur le séjour, et, sur la mezzanine, une chambre spacieuse.
Pour cela, il fait réaliser par une équipe d’artisans les meubles qu’il a imaginés : « J’ai su trouver les bonnes personnes – un menuisier, un serrurier et un miroitier –, résume-t-il. Et en privilégiant la qualité, je suis sûr d’avoir fait le bon choix. » Pour Gérard, ce projet est une vraie révélation : d’instinct, il sait optimiser l’espace et le rendre fonctionnel. « Tout a été analysé et calculé au millimètre près pour ne pas perdre le moindre centimètre carré, explique-t-il. J’ai longuement réfléchi à toutes les astuces que je pouvais imaginer pour créer un maximum de rangements et gagner encore de la place. »
Dans une estrade aménagée entre l’entrée et la salle de bains, il place de vastes tiroirs, profite d’un renfoncement près du bureau pour créer des étagères et camoufle la télévision dans un coin de la mezzanine. Veillant à ne pas réduire mais plutôt à amplifier la sensation d’espace, Gérard associe bois massif et couleurs claires pour donner au lieu sa cohérence. Au niveau du séjour, trois fenêtres offrent une vue panoramique sur les toits de la capitale. Doublées d’une large fenêtre percée dans le toit à hauteur de la mezzanine, elles laissent entrer généreusement la lumière naturelle.
Pour achever de personnaliser son univers, Gérard a encore trouvé de la place pour ses souvenirs de voyages. Ses tissus – des batiks rapportés de Chine ou d’Indonésie, des « pua » traditionnels malais –, ses statuettes ou le choix d’un couchage au sol, à l’orientale, placent la décoration sous le signe de l’exotisme. Après avoir importé des produits d’Amérique du Sud et créé une entreprise de bijoux, Gérard a décidé de poser un peu son sac. Doué de multiples talents, il a fait de son studio un espace ingénieux et fonctionnel, le pied-à-terre idéal pour profiter de la vie parisienne… avant de repartir pour des voyages au long cours.
Reportage réalisé par Céline Hassen. Photos Manuel Djamdjian
Art&Décoration N°458 Février 2010
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