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Une rénovation 100% écolo

Un an de pérégrinations autour du monde a convaincu un couple grenoblois de changer de vie. Il s’installe dans le Vercors et retape une ancienne colonie de vacances. Un chantier mené à quatre mains, qui privilégie les matériaux de récupération.

ZOOM

Dans l’entrée, des carreaux de ciment récupérés sur un chantier dessinent un tapis en trompe l’oeil. Du grillage à poules ferme le casier à chaussures et un ancien volet clôt la penderie. La porte intérieure et la cloison qui sépare l’entrée du salon sont vitrées pour laisser passer la lumière naturelle.

Au-dessus de l’évier et de la gazinière, des mosaïques de carreaux dépareillés, issus des fabriques de Salernes, font office de crédence. Côté cuisson, un meuble fait maison côtoie une vieille cuisinière à bois toujours en état de marche et qui sert de chauffage d’appoint pendant l’hiver. De petits luminaires bricolés dans des faisselles en fer éclairent l’ensemble. Accrochée à la porte du réfrigérateur, recouverte d’une feuille de zinc, une ardoise de toit est devenue un pense-bête.

Sous une étagère suspendue en grillage, l’îlot central est un puzzle de cageots et de tiroirs savamment composé autour d’un ancien confiturier. Au sol, les dalles en béton recèlent des petits cabochons. À côté du bahut, un récipient en métal fermé par un couvercle en fonte sert à la récupération des déchets végétaux.

La propriétaire chine, récupère et bricole. Sous ses doigts, fils de fer et de zinc s’entremêlent pour former un lustre, orné de petits abat-jour en pitchpin. Dans un coin de la pièce, l’enseigne d’une corsetière, surmontée de statuettes modelées par Franck Girard, sert à cacher le matériel hi-fi. Une porte massive ornée d’une collection de boîtes en tout genre, mène à l’atelier de Florence. Au mur, juste à côté, sculpture longiligne signée Royol. Table et chaises, chinées.

Un ancien sac à farine tapisse désormais la porte d’un placard.

Un coin bureau a pris place dans le prolongement de la salle à manger. Le matériel informatique est rangé dans un ancien meuble d’imprimeur. Seules les façades des tiroirs ont été conservées et assemblées pour créer une porte. Lampe bricolée avec des bris de verre. Tableau signé Zanetti

Un meuble de métier chiné, une malle trouvée dans un grenier, un tapis sauvé de la décharge, d’anciennes corbeilles à papier détournées en suspensions… La décoration du salon ne manque pas d’imagination. Des niches creusées dans l’épaisseur des murs accueillent quelques livres ou des objets.

Les propriétaires ont opté pour des toilettes sèches bricolées avec un seau en acier galvanisé. Une ancienne huche à pain abrite les réserves de sciure. Le lave-mains a été chiné chez Emmaüs.

Le plafond de la salle de bains a été réalisé avec un ancien plancher d’étable, dont les chutes ont servi à habiller les portes des placards. Le lustre à pampilles, chiné, contraste avec la rusticité de la pièce. Le lavabo et la robinetterie ont été récupérés.

Inspiré d’une technique observée en Indonésie, le paillon qui habille le plafond de la chambre s’accorde aux murs enduits d’argile marron éclaircie à la chaux. Les luminaires, réalisés par Florence, associent au métal toutes sortes d’objets hétéroclites – plumes, clés, pampilles ou boules en verre

De vieux volets intérieurs, récupérés dans une boutique en cours de liquidation, ferment la vaste penderie de la chambre.

    Après un périple d’un an autour du monde, Florence Jouve et Jean-Luc Bauer engagent dès leur retour en France une série de « révolutions » dont l’objectif est de faire correspondre leur cadre de vie à leur nouvel état d’esprit. Leur priorité est de quitter Grenoble et le tumulte de la vie urbaine pour s’installer au calme, en pleine nature.

    Bricoleurs tous les deux, ils savent qu’ils pourront tirer parti de n’importe quel bâtiment, quel qu’en soit l’état. Ils se mettent donc en quête, non pas simplement d’une maison, mais d’un paysage à habiter. C’est dans un cadre somptueux, au pied du mont Aiguille et aux marges orientales du Parc naturel régional du Vercors, qu’ils trouvent finalement leur bonheur : une ancienne colonie de vacances laissée à l’abandon depuis plusieurs années.

    Bien qu’en mauvais état, la bâtisse construite sur deux étages est spacieuse et offre un beau potentiel, avec ses murs crépis et sa toiture en tuile, ornée de la génoise typique du Trièves. Les travaux sont aussitôt lancés, malgré des conditions de vie rustiques.

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