Art & Décoration > Tous les reportages > Tous les intérieurs de charme > Une abbaye devenue maison !

Une abbaye devenue maison !

Situé à la lisière d’un village traditionnel picard, le domaine de l’abbaye de Morienval est un lieu chargé de poésie. Restauré dans les règles de l’art, il s’offre une seconde vie, mais n’a rien perdu de sa spiritualité.

ZOOM

Dans le prolongement de la grande maison, un petit jardin classique est ponctué de buis taillés en boules. On s’y installe pour contempler l’abbatiale du XIe siècle qui abrite l’une des premières croisées d’ogives de l’histoire, annonçant l’avènement du gothique.

Le porche du XVIIe siècle est un passage obligé. Un ancien bénitier y côtoie les vestiges d’une sculpture en pierre du XVe siècle représentant une religieuse en prière. Au fond de la cour, le bâtiment que l’on aperçoit était réservé à l’abbesse.

La glycine envahit la façade de la maison des nonnes. Juste devant, une table du XVIIe associe un piètement en fer forgé et un plateau en ardoise. Chaises anciennes. Nappe en lin, Society.

Dans la cuisine, l’association du bleu et du blanc donne le ton. La crédence et le plan de travail ont été réalisés avec des azulejos du Portugal. Un trait de peinture bleue souligne les cadres moulurés du soubassement, des placards et des deux encoignures qui encadrent la fenêtre. Service en porcelaine anglaise du XVIIIe, chiné. Rideaux, Lelièvre. Chemin de table, Society. Cuisinière, « Bocuse », Rosières. Table et chaises de famille.

La salle à manger est installée dans une pièce tout en longueur. Au sol, les tomettes reproduisent un calepinage utilisé dans les cuisines de Versailles. Miroir du XVIIe siècle, appliques en miroir et chaises Directoire, chinés. Assiettes en céramique peintes à la main, Cécile Donato Soupama. Sur le meuble rouge, tête sculptée de Raymond Devos par Daniel Druet.

Dans le salon, devant une bibliothèque ornée d’une frise de lierre en trompe l’oeil, un bureau Directoire et un fauteuil en cuir Louis XV ont pris place. Tableaux de Koumasso Shiiba et W. Wiseman. Sculpture de Paul de Pignol.

Des couleurs neutres et des fenêtres ouvrant sur le jardin font du salon une pièce agréable, dans laquelle on se sent bien pour lire et travailler. Quelques oeuvres d’art contemporain se sont glissées dans le décor, mises en valeur de façon originale par les meubles de style et les dorures. Rideaux et tissus damassés habillant les sièges, Braquenié. Derrière le canapé, sculpture de Paul de Pignol. Sur la cheminée, une tête du jeune Auguste est posée devant un tableau de Laurence Jeannest.

Revisitée en gris et rouge vif, la toile de Jouy (Braquenié) se modernise mais ne perd rien de son charme. Lit anglais, Harrods. Housse de couette, Beltrami. Taies d’oreillers, Jeannine Cros. Tableaux, lampes et banc chinés.

Attenante à la chambre, la salle de bains, à la fois sobre et raffinée, est ponctuée de petits tableaux montrant des profils en ombres chinoises. Les boiseries ont été réalisées sur mesure par l’entreprise Hyart & Fils.

    Inscrit à l’inventaire des Monuments historiques, le domaine de l’abbaye de Morienval, à proximité de Compiègne, regroupe dans un grand parc une église abbatiale romane du XIe siècle et un ensemble de trois bâtiments où logeait une communauté de bénédictines. Après la fermeture et la démolition partielle de l’abbaye en 1769, les trois maisons conventuelles sont laissées à l’abandon et tombent en ruine.

    Elles sont finalement vendues à la Révolution, en même temps que le reste du domaine. En 1989, Fabrice, l’actuel maître des lieux, rachète à sa famille la totalité de la propriété, que cousins et cousines se partageaient depuis près d’un siècle. Les bâtiments, en mauvais état, nécessitent une rénovation complète, intérieure et extérieure.

    Le chantier est lancé rapidement et, grâce à une subvention du ministère de la Culture, toitures, façades et pignons sont bientôt restaurés. Le reste des travaux suit son cours, selon un cahier des charges très simple : respecter le style imposé par l’abbatiale et son histoire, mais en y intégrant des éléments très contemporains, telles les oeuvres d’art dont Fabrice est amateur et collectionneur.

    Les matériaux anciens, authentiques, sont privilégiés : cheminées, tuiles et boiseries ont été récupérées dans des châteaux et les tomettes, au sol, datent du XVIIe siècle. Les couleurs ont été choisies soit pour faire écho au vert du jardin et au gris des pierres de l’abbatiale, soit pour valoriser la présence de tableaux contemporains qui côtoient de façon harmonieuse le mobilier de style et les tissus anciens.

    Articles sur le même thème...

    REPORTAGES

    Un confortable chalet à Courchevel

    Le Blanchot, à Courchevel, c’est ce grand et beau chalet sous la neige, tout droit sorti d’un conte de Noël…...  Lire

    REPORTAGES

    Une maison de vacances fonctionnelle

    Il bricole, elle imagine la déco. À quatre mains, un couple transforme une maison décrépie de l’île d’Arz en...  Lire

    REPORTAGES

    La rénovation d’une maison écolo

    Afin de réaliser leur désir de maison écologique un jeune couple a choisi une bâtisse en ruine, aux portes de...  Lire

    Rechercher RECHERCHER

    dans :

    S'ABONNER

    Art&Decoration n°476

    Pour lutter contre la morosité ambiante de cet hiver, le nouveau Art&Décoration est placé sous le signe des couleurs : jaune et orange pour la bonne humeur, gris pour la note romantique, vert pour la fraîcheur, bleu pour ne pas se tromper et aubergine pour la touche féminine!

    Boutique livres AD

    saintvalentin_2012

    Facebook

    Chinons un peu...

    La baignoire en fonte

    À la baignoire Empire – premier modèle fabriqué en série – a succédé la baignoire demi-bateau.  Lire

    Le bureau des années 1950

    Figure incontournable du design français du XXe siècle, Pierre Paulin a mis l’accent sur la modernité des...  Lire

    Le salon style Louis XV

    Parfaits pour une déco de charme, ces fauteuils style Louis XV sont de véritables bijoux...  Lire