Situé au coeur de l’Anjou, le château de Montgeoffroy, habité par la famille de Contades depuis 1670, perpétue l’art de vivre à la française dans la fraîcheur retrouvée de son décor XVIIIe.
« C’était la Côte d’Azur des rois », explique Arnold de Contades pour qualifier le pays de Loire où se trouve Montgeoffroy, le château dont il a hérité de ses ancêtres. Au XVIIIe siècle, l’illustre maréchal Louis-Georges-Erasme de Contades, commandant de l’armée du Rhin et gouverneur d’Alsace alors en poste à Strasbourg, y arrivait en grande pompe avec son fastueux équipage précédé de nombreux cavaliers. Aujourd’hui tout est calme dans la grande allée conduisant à la demeure angevine, mais le cadre lui, n’a pas changé. Mieux, il revit !
Derrière la façade du château totalement remanié entre 1772 et 1776 par l’architecte du maréchal, Jean-Benoît-Vincent Barré, la distribution intérieure du rez-de-chaussée maintient la tradition classique avec ses enfilades de pièces situées de part et d’autre des salons centraux. Installés du côté de la cour d’entrée, flanquée de deux tours de l’ancien édifice du XVIe siècle, les appartements du maître des lieux communiquent directement avec le grand salon.
Côté parc se trouvent les appartements plus intimes de Mme Hérault de Séchelles, maîtresse du maréchal, avec laquelle il avait décidé de poursuivre ses jours et dont il a eu un enfant. Ce fils bâtard vit alors aussi au château, avec son épouse et son fils. « C’est d’ailleurs à ce petit-fils unique, futur Conventionnel, que le maréchal Louis-Georges-Erasme doit d’avoir été protégé pendant la Terreur », explique Arnold de Contades. « L’inventaire (du château) est le même qu’aujourd’hui », souligne ce dernier en évoquant le précieux livre de comptes contenant l’historique des travaux réalisés au XVIIIe siècle sous l’oeil vigilant du fils légitime du maréchal.
Le mobilier, choisi avec soin par sa bellefille, a été commandé à des ébénistes parisiens : Gourdin et Blanchard pour les sièges, B. Durand, Garnier et Roussel pour les nombreuses commodes réparties dans toutes les pièces de la maison. Leur excellent état de conservation n’a d’égal que la toile peinte cirée tendue sur les murs du boudoir de Mme Hérault de Séchelles depuis le siècle des Lumières. « C’est le seul document d’époque encore en place », précise Anne-Marie, l’épouse d’Arnold de Contades.
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