Rare exemple de décoration intérieure réalisée sous la Monarchie de Juillet, les petits appartements du duc et de la duchesse d’Aumale à Chantilly revivent… Restauration du salon de la duchesse, de sa salle de bains, auxquels s’ajoutent la loggia refaite à neuf et l’ouverture d’une bibliothèque. La visite raconte la vie quotidienne des princes au XIXe siècle.
Fils du roi Louis-Philippe, Henri d’Orléans, duc d’Aumale, n’a que huit ans en 1830 quand son grandoncle et parrain, le duc de Bourbon, lui lègue le domaine de Chantilly. Le château, amputé de sa partie médiévale sous le Directoire, se réduit au « Petit Château », bâti au XVIe siècle par Jean Bullant pour le connétable Anne de Montmorency. Devenu militaire de carrière, le jeune duc, rentré d’Algérie après s’être illustré lors de la prise de la smalah d’Abd-el-Kader, épouse en 1844 sa cousine Marie Caroline de Bourbon-Siciles, princesse de Salerne.
Le couple s’installe au rez-de-chaussée du Petit Château, bordé d’un long balcon surplombant les douves. Au milieu des pièces en enfilade, un petit boudoir orné de singeries* sépare les appartements du duc et de la duchesse. C’est l’un des seuls témoignages du XVIIIe siècle au milieu des nouveaux aménagements confiés au peintre et décorateur Eugène Lami. L’artiste romantique dessine de nouveaux décors, transforme l’ancien salon de la duchesse d’Orléans en salon rond, choisit des peintres pour réaliser les plafonds et les dessus-de-porte, rassemble des objets d’art, commande des meubles aux grands ébénistes de l’époque. L’appartement privé de la duchesse d’Aumale comprend une antichambre une chambre avec sa salle de bains, et un salon. *Lire notre article sur les singeries au château de
Chantilly, paru dans Art & Décoration n° 451, en mai 2009.
À la suite de la chambre et du salon des appartements du duc, se trouve une salle à manger de style Henri II, néorenaissance. Transformée en bureau à la fin du siècle, elle clôt l’ensemble des appartements marqués par l’éclectisme, ce retour aux grands styles du passé qui triomphera dans la seconde moitié du XIXe siècle. L’époque qui a vu naître les fauteuils crapaud et qui s’est laissée séduire par le nouveau confort des sièges capitonnés, est aussi celle des pastiches et des citations. Dans les chambres et salons, les meubles font majoritairement référence au XVIIIe siècle, à travers les styles Louis XV et Louis XVI réinterprétés avec brio par l’un des ébénistes vedette de la Monarchie de Juillet, Guillaume Grohé. Les travaux s’achèvent en 1846 avec la construction par Félix Duban d’une galerie en bois, côté cour intérieure du château, pour desservir chacune des pièces qui se commandaient.
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