Lyon change, s’embellit et regarde vers l’avenir. Les façades du Vieux-Lyon ont retrouvé leurs couleurs méridionales, à la Croix-Rousse, les ateliers de canuts sont transformés en lofts, sur la Presqu’île, Jean Nouvel couvre l’Opéra d’un dôme de verre. Seule constante : la gastronomie, toujours au top !
Quartier emblématique, le Vieux-Lyon est niché entre la colline de Fourvière et la Saône. Dans ses ruelles étroites et longilignes reliées entre elles par les célèbres traboules, c’est un livre d’histoire riche d’enluminures médiévales et Renaissance qui s’ouvre sous nos yeux. Écoutez… Le grand commerce de la soie est ouvert et les marchands italiens haranguent les belles passantes. Bien vite, les Lyonnais tissent le précieux textile, faisant naître alors une nouvelle bourgeoisie. Au début du XIXe siècle, les soyeux s’exilent à la Croix-Rousse. Laurent Mourguet, un canut sans emploi devenu arracheur de dents, imagine pour distraire ses malheureux patients quelques marionnettes satiriques qu’il nomme Guignol ou encore Gnafron…
L’histoire était écrite, et à Lyon ! Chemin faisant, les années 1900 apportent bien des nouveautés, et avec elles la Ficelle, un funiculaire qui conduit les voyageurs de la cathédrale Saint-Jean à la colline de Fourvière. C’est là-haut qu’en 1872 est édifiée la célèbre basilique dédiée à la Vierge, dont l’image devient l’un des symboles forts de la ville. Chaque 8 décembre, fête de l’Immaculée Conception, brillent aux fenêtres une multitude de lumignons. Aujourd’hui se joignent à la fête des Lumières des éclairagistes du monde entier, qui viennent illuminer la ville. Un spectacle somptueux qui, pour les croyants lyonnais, reste un hommage toujours renouvelé à leur sainte protectrice.
L’art et le travail de la soie a marqué à jamais l’histoire de ce quartier. Sur le plateau ou dans les pentes, le quartier de la Croix-Rousse vibre de mille battements.Village au coeur de la métropole, ses « autochtones » en revendiquent l’indépendance ! Les « vieux » du quartier ne sont jamais partis et de nouvelles familles s’installent, rajeunissant de cris d’enfants les mercredis après-midi. Populaire, la Croix-Rousse affiche une couleur « bobo ». Les bars branchés s’y installent, les anciens ateliers de canuts sont transformés en lofts, un restaurateur étoilé, Mathieu Viannay, reprend le célèbre bouchon de La Mère Brazier, et la jeune création bat son plein. De son histoire, la colline a gardé les traces de plusieurs siècles d’activités multiples depuis la présence romaine. La plus visible est la fabuleuse aventure des soyeux au XIXe siècle. De cette époque date l’invention géniale d’un certain Joseph Marie Jacquard.
Ses métiers à tisser vont changer les données d’une économie florissante à Lyon depuis la Renaissance. On construit désormais autour de ces machines qui, du haut de leurs 3,60 m, nécessitent des hauteurs de plafonds inédites. Le quartier vit au rythme des « bistanclaques », bruits familiers qui envahissent toutes les ruelles. Mais le calme est, hélas, aujourd’hui revenu. Seule la maison Prelle perpétue le savoir-faire depuis cinq générations, dans son atelier d’origine constitué en 1880.
Monuments grandioses et belles boutiques se pressent autour de la place Bellecour. La tradition pour les rendez-vous en ville est de se retrouver « sous la queue du cheval » ! Le lieu en question est le centre de la place Bellecour, près de la statue de Louis XIV. Il est vrai que cette place royale, édifiée début XVIIIe, et dont certaines façades ont été reconstruites à l’identique par Napoléon, dessine à elle seule l’image sociale et architecturale du quartier de la Presqu’île. Entre Saône et Rhône, l’architecture monumentale a toujours fait partie du paysage. De l’église Saint-Nizier et ses flèches symboliques jusqu’au magnifique hôtel de ville (qui se visite lors des Journées du Patrimoine), et du musée des Beaux-arts à l’Hôtel-Dieu, c’est un voyage dans le temps et au milieu des dentelles de pierre.
Lécher les vitrines des antiquaires rue Auguste-Comte et des grands couturiers rue du Président-Édouard-Herriot, faire une halte gourmande au bouchon Abel, où Mazarin et Richelieu se seraient rencontrés, arpenter la rue de la République, vaste et ouverte sur des bâtiments de type haussmannien dessinés au XIXe par Vaisse, s’enrichir aux musées des Tissus et des Arts décoratifs et, enfin, se poser dans le salon XVIIIe de l’hôtel Le Royal ou au Sofitel 5 étoiles ultracontemporain, où la soie lyonnaise occupe une place de choix. L’art de vivre la ville prend tout son sens !
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