Immense vaisseau de pierre dressé à plus de 2 000 m d’altitude, le massif du Vercors s’élève au carrefour des Alpes et de la Provence. Autrefois isolée par ses vertigineuses falaises, l’ancienne citadelle n’a cessé de s’ouvrir depuis un siècle. Bienvenue dans une montagne en mouvement.
Des Quatre-Montagnes au Diois, une architecture variée. Situé à la croisée des mondes méditerranéen, alpin et rhodanien, le massif du Vercors offre une grande variété de paysages et de climats, à laquelle répondent les diverses formes de l’habitat traditionnel. Adaptées aux longs hivers rigoureux du plateau, les fermes des Quatre-Montagnes et du Vercors central ont longtemps abrité sous un même toit les hommes et leurs troupeaux. Elles sont massives, allongées, coiffées de toitures à deux pans très pentus sur lesquels glisse la neige. De solides pignons à pas-de-moineaux, couverts de lauzes, les flanquent. Ils servaient autrefois à protéger les couvertures de chaume du vent et des infiltrations.
Aujourd’hui, leur utilité s’est perdue avec la généralisation des toitures en tôle ondulée, en bac acier ou en ardoise. Dans les constructions du Trièves, du Royans et du Diois, on retrouve certaines de ces caractéristiques aux côtés d’éléments architecturaux plus spécifiquement méridionaux : couvertures en tuiles romanes dans le Diois, pigeonniers de grenier dans le Royans ou encore génoises – ces frises de tuiles maçonnées qui ornent le sommet des murs – dans le Trièves. Accrochés aux contreforts du Vercors, ces petits pays reçoivent directement l’influence des régions de plaine qu’ils jouxtent.
À la sortie des gorges de la Bourne, cette cité médiévale est spectaculaire. Véritable forteresse, le massif du Vercors est flanqué de cités sentinelles qui veillent sur ses voies d’accès naturelles. Sur son versant oriental, au débouché des gorges de la Bourne, se dresse la plus surprenante d’entre elles : Pont-en-Royans. Ce petit village médiéval épouse les formes et contours d’un site exceptionnel, à l’endroit où la Bourne s’extirpe d’un étroit défilé rocheux pour jaillir dans la plaine du Royans. Suspendues entre ciel et rivière, arrimées à la roche par des étais de bois, ses maisons colorées – classées monuments historiques – forment une muraille qui semble défendre l’accès aux hauts plateaux du Vercors.
Enserré entre ce rempart de façades et le flanc de la montagne, un dédale de sentes et de ruelles constitue le centre ancien du village. Sur une placette s’élève l’église paroissiale, dont les origines remontent au XIIe siècle. Mais des trois châteaux qui dominaient autrefois la bourgade, il ne reste plus, aujourd’hui, que des ruines.Malgré la configuration particulière du site, Pont-en-Royans a été pendant longtemps une étape importante dans les échanges entre la plaine et le plateau, d’où provenaient le bois, la laine et le charbon. Rendue superflue par l’ouverture, au XIXe siècle, de nouvelles voies d’accès au Vercors, cette fonction commerciale a fait place à une vocation essentiellement touristique.
Façades colorées et toits de tuiles, on est déjà un peu en Provence…En flânant dans ses ruelles tortueuses, qui semblent toutes converger vers l’imposante cathédrale Notre-Dame, on est saisi par le contraste qu’offre cette ancienne cité gallo-romaine, si différente des villes du plateau du Vercors. Blottie sur le versant méridional du massif, au pied du mont Glandasse, Die ne présente aucun des caractères typiques de l’architecture montagnarde. Avec à peine vingt jours de neige par an, il n’y a pas besoin ici de toits pentus ou de pignons lauzés. Les toitures, faiblement inclinées, sont habillées de tuiles creuses. Serrées les unes contre les autres, tout en hauteur, les maisons brillent par la variété de leurs façades.
Dressées en galets ou en épais blocs de calcaire enduits de chaux colorées, elles arborent de belles teintes ocre et jaunes qui annoncent déjà la Provence voisine. Particulièrement cossu, le quartier Saint-Vincent abrite de beaux hôtels particuliers de style Renaissance, qui nous éloignent encore de l’ambiance montagnarde du plateau. C’est que, par son climat, sa végétation et son histoire, Die est résolument ancrée dans l’aire méridionale. Ses vestiges antiques en témoignent avec, notamment, la porte Saint-Marcel, ornée de motifs typiquement romains, ou la mosaïque des Quatre-Fleuves (XIIe siècle), l’un des fleurons du monde méditerranéen.
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