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La Sologne, un riche patrimoine

Un territoire plat, des arbres à perte de vue : la Sologne est souvent réduite à son paysage et à ses ressources naturelles. Pourtant, derrière ses forêts giboyeuses et ses étangs brumeux, elle dissimule un riche patrimoine. Pour vous, nous avons suivi la recommandation de l’écrivain Alain Fournier, qui écrivait de son pays qu’il fallait « en écarter les branches ».

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À demi caché par le brouillard, ce manoir privé, construit dans les années 1930 par l’architecte blésois Henri Lafargue, se dresse au bord du plus grand étang de Sologne (65 hectares). Entouré d’une épaisse forêt, c’est l’un des nombreux « rendez-vous de chasse » que compte la région.

Ancien manoir médiéval, le château de La Motte est bâti sur une plateforme fossoyée, cernée de douves. Il est constitué d’un corps de logis principal avec deux ailes en retour qui témoignent de son ancienneté.

Entre forteresse et manoir Renaissance, le château du Moulin date de la fin du XVe siècle. Sa façade en brique ornée de losanges noirs a servi de décor, dans les années 1960, à la série Thierry la Fronde. Encore habité, il est ouvert à la visite.

Si ses origines remontent au Xe siècle, l’actuel château de La Ferté-Imbault date du XVIe siècle. Tout en brique, avec un quadrillage en pierre de tuffeau, il est caractéristique de la première Renaissance en Sologne.

Construit au tout début du XXe siècle, le château du Mont-Suzey est emblématique des « folies » solognotes, avec son allure pittoresque de villa néonormande. Il abrite aujourd’hui des chambres d’hôtes.

Dans la partie ouest de la Sologne, le château de Villesavin annonce déjà l’architecture du Val de Loire, avec sa toiture immense, tout en hauteur, et ses grandes ouvertures vitrées.

Au milieu d’une clairière, cette ancienne métairie est caractéristique des fermes solognotes par sa situation, son colombage à hourdis de brique et son toit, dont une partie descend très bas.

Cet ancien presbytère du XVIIIe siècle a conservé son colombage à pans de bois rempli de torchis. Avec son étage et sa façade imposante, il fait partie des maisons cossues qui caractérisent le centre des bourgs.

Toutes identiques au premier regard, les maisons en brique se révèlent, dans le détail de leurs façades et de leurs ornementations, toutes différentes.

Le dimanche après la messe, les paroissiens de Souvigny s’attardent pour discuter au « caquetoire », la galerie couverte qui entoure l’église.

Dans la cage d’escalier du château du Mont-Suzey, cette scène de chasse à courre rappelle la vocation initiale de l’édifice, construit en 1903.

À l’intérieur comme à l’extérieur, les tonalités de rouge dominent en Sologne. La cheminée, haute et ouverte sur trois côtés, occupe le centre du salon.

Vestes de chasse, bottes, fusils… Tout l’attirail du chasseur trouve sa place dans le débotté, passage obligé entre la maison solognote et l’extérieur.

Pas une demeure sans chiens en Sologne ! Fièrement installés sur le canapé Chesterfield d’un vestibule, ceux-là apportent une touche racée au décor orné de trophées de chasse rapportés d’Afrique.

La silhouette conique de l’ancien four vertical se dresse toujours près de l’usine. Actif jusqu’en 1953, il a été témoin des premières heures de la Tuilerie.

Dans la cour de la tuilerie, on stocke le bois blanc nécessaire à l’alimentation du four, qui fonctionne de façon quasi permanente. On aperçoit, en arrière-plan, sa cheminée.

La cuisson se fait en trois étapes : petit feu, grand feu et refroidissement. L’ouverture du four est un moment de tension : les accidents liés aux variations de température restent fréquents, malgré la grande maîtrise des équipes de la Bretèche.

Ces tomettes cuites sont prêtes à rejoindre l’entrée majestueuse de quelque château.

    Des châteaux féodaux aux folies du XIXe
    Derrière son riche patrimoine naturel, la Sologne dissimule quelque 500 châteaux.

    Les plus fameux sont sans conteste les châteaux de Chambord et de Cheverny. Résidences royales, ils ne relèvent cependant pas des codes de l’architecture locale. Pour en découvrir les spécificités, mieux vaut se tourner vers le manoir de La Motte, à Chaumont-sur-Tharonne, ou encore vers le château du Moulin, à Lassay-sur-Croisne. Leurs parements de brique et leurs dimensions modestes sont représentatifs de la plupart des édifices castraux élevés dans la région. Si certains datent de l’époque féodale, tous n’ont pas pour autant une origine ancienne. Beaucoup remontent au XIXe siècle, à l’époque où Napoléon III désenclave, assainit et met la Sologne à la mode, attirant les fortunes industrielles qui investissent le territoire et ses vastes domaines de chasse.

    Entre 1800 et 1914, 330 châteaux sortent de terre. Cette fiévreuse campagne de construction brille par son éclectisme : tous les styles architecturaux sont convoqués, du chalet bavarois au cottage anglo-normand, en passant par le néorenaissance. À la modestie des édifices anciens, ces « folies » du XIXe siècle répondent par des plans complexes, parfois grandioses, des jeux de couvertures savants, mais aussi des parements fragiles, qui ont rendu leur entretien difficile et entraîné la disparition de quelques-unes.

    Des villages de brique et de bois
    L’habitat rural constitue l’autre versant essentiel du patrimoine bâti de la Sologne.

    Sennely-en-Sologne, Souvigny-en-Sologne, Saint-Viâtre, Ménestreau-en-Villette,Vouzon… comptent parmi les plus beaux villages de Sologne. Et les mieux préservés. Ils se dressent aux carrefours de routes modestes, serrés autour de leur église. À proximité de celle-ci, on trouve le presbytère, d’anciens relais de poste et les demeures des notables, maisons bourgeoises élevées sur deux niveaux, dont certaines datent des XVe et XVIe siècles. C’est dans ce « premier cercle » qu’il faut rechercher les spécimens remarquables de colombages ou de parements de brique. Au-delà se déploient de plus humbles maisons : des constructions basses en brique, coiffées de toits à deux versants couverts de tuiles plates.

    Le long des rues qu’elles bordent étroitement, elles forment bien souvent de parfaitsalignements, ne se distinguant plus les unes des autres que par le décrochement de leurs toits. Hors des villages, dans de vastes clairières ménagées au coeur des forêts, se tiennent encore des fermes isolées. Ce sont d’anciennes métairies, dont les bâtiments délimitent une cour, ou de simples « locatures », de petites maisons rurales laissées en location à des ouvriers agricoles, dont la modestie reflète celle de leurs premiers occupants.

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