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La Baie de Somme, escapade romantique

La Baie de Somme, c’est comme un paysage du premier jour… Une immensité scintillante, sans autre limite que l’horizon, avec ses oiseaux et ses phoques. Mais c’est aussi un patrimoine architectural très typé, de ravissantes boutiques de décoration, des cafés-galeries pleins de charme, des marchés appétissants et des brocantes presque toute l’année. À découvrir sans tarder !

ZOOM

Canalisée, la Somme se jette dans la Manche par l’estuaire de la Baie de Somme. Le chenal de navigation longe Saint-Valery sur près de 15 km. La navigation n’y est possible que deux heures avant et après la haute mer car le marnage – la différence entre les niveaux de la haute et de la basse mer – est important.

Le long de la jetée qui borde la Manche, Mers-les-Bains aligne ses extraordinaires façades découpées, colorées, ornées de fresques en mosaïque ou de motifs en bois découpé… Pour une architecture balnéaire pleine de fantaisie.

Construites entre la fin du XIXe et la Première Guerre mondiale, les riches maisons du Bois de Cise ont été implantées dans une combe boisée.

Cette belle maison en brique, entourée d’un parc dans le style anglais, se dresse en bordure du parc du Marquenterre.

Constitué de maisons basses et étroites aux façades blanchies à la chaux et aux jolis volets colorés, le quartier des marins ou « Courtgain » est un lieu incontournable de Saint-Valery.

Cette bâtisse du Bois de Cise présente une belle façade en rocaillage, une technique architecturale née au milieu du XIXe, avec l’invention du béton armé. Elle est utilisée pour imiter des pans de bois, des menuiseries ou des végétaux.

Dès les premiers beaux jours, les petites maisons de bois sont installées sur la plage de galets de Cayeux. On s’y change, on y pique-nique, on bavarde avec les voisins dans une ambiance très conviviale.

Les falaises crayeuses d’Ault-Onival culminent à près de 60 m et forment une succession de paysages très spectaculaires.

Entre Cayeux et Saint-Valery, une petite route longe d’imposantes dunes de sable… Avec une vue superbe sur la mer et les mollières.

Longeant les anciens remparts de Saint-Valery, un petit chemin permet d’observer le mouvement des marées.

Construite au XIXe, la chapelle des marins, avec sa belle architecture en appareillage de silex noir et de pierre blanche, est toujours un lieu de pèlerinage.

Avec sa grande cheminée, éventuellement pourvue d’un four à pain, qui servait tant au chauffage qu’à la cuisson des aliments, la pièce principale des maisons de la Baie de Somme, était rudimentaire.

Laissées à l’état brut après avoir été décapées, les briques apportent beaucoup de chaleur au Vélocipède, hôtel-restaurant de Saint-Valery.

Des joints larges en chaux et sable blanc permettent d’harmoniser la teinte des briques avec celles de la pierre blanche.Dans ce presbytère du XVIIIe siècle, les propriétaires ont mis en valeur le bel appareillage de briques et de pierres blanches.

Vous découvrirez mille anecdotes dans ce jardin… Comme l’histoire de la guède, (au pied du mur) qui fit, au Moyen Âge, la fortune des drapiers d’Amiens grâce à ses tons de bleu et qui figure en bonne place parmi les autres plantes tinctoriales.

L’association qui gère le jardin fleurit aussi les ruelles de Saint-Valery. Giroflées (au-dessus de l’enseigne), valérianes, roses trémières poussent le long des murs.

Vous découvrirez toutes les variétés de sedums, joubarbes, saxifrages… Ces petites plantes grasses qui à l’état sauvage ornent les murets.

Entre une rangée de salades, de fèves et de moutarde, les bénévoles apprennent aux enfants à reconnaître des plantes oubliées.

Avec son plan en étoile, structuré autour d’un vieux pommier, ce jardin associatif et convivial est un refuge pour les oiseaux et les insectes pollinisateurs.

Édouard Lefort-Magniez (1868-1934) Médecin militaire, il démissionne rapidement de ce poste pour se consacrer à sa passion de la peinture. Il expose au Salon des artistes français dès 1904 et peint dans la veine impressionniste avec une touche directe, brossée et sobre. Tous les étés, de retour au Crotoy, il s’attache à peindre les rues anciennes du village, mais aussi et surtout les marais qui bordent la Somme, l’estuaire où elle rejoint la mer et les petits ports pittoresques de la baie. Les Marais. Coll. Antiquités Patrick Deloison.

Louis Braquaval (1854-1919) Originaire du Nord et fils d’industriels fortunés, Louis Braquaval épouse en 1861 Julia Guenez, fille d’un riche entrepreneur de Dunkerque… Ce qui lui permet de s’adonner à sa passion sans soucis des contingences matérielles. Amoureux fidèle de la Baie, Louis Braquaval est un peintre productif avec une huile par jour ! Très ami avec Degas, qui appréciait beaucoup ses oeuvres, il peindra toute sa vie, ce ciel de mer aux nuances infinies. Coucher de soleil sur la baie. Coll. musée Boucher-de-Perthes à Abbeville.

Charles Albert Forgelot (1876-1975) Exposant au Salon des artistes français depuis 1927, Charles Albert Forgelot est un peintre du paysage, des marines, de l’extérieur avec notamment de célèbres vergers de pommiers en fleurs… Sur près d’un siècle – et quel siècle pour l’histoire de la peinture ! – Forgelot va transcrire son amour de la nature. Travaillant à l’huile ou à l’aquarelle, il possède une touche légère et souple et une palette aux nuances subtiles. Mers-les-Bains. Coll. Antiquités Patrick Deloison

Henri Caron (1860-1941) Natif d’Abbeville, Henri Caron peint tout au long de sa vie sa région d’origine et notamment la Baie de Somme dont il adorait « la mer changeante, très souvent grise, parfois verte, mais rarement souriante ». Il s’installe souvent à Cayeux pour « peindre sur le motif » c’est-à-dire en extérieur, une pratique inaugurée par les Impressionnistes. Ramassage des coquillages. Coll. musée Boucher-de-Perthes à Abbeville.

    Une architecture aux mille visages

    Des maisons de pêcheurs aux villégiatures balnéaires, la couleur domine. Le dépaysement est total lorsque vous pénétrez dans la petite ville de Saint-Valery-sur-Somme, située à moins de deux heures de Paris, et que vous longez son port de plaisance avant de continuer à pied sur les quais. Vous pensiez que les maisons en briques étaient tristes ? Faux ! Car ici façades et volets arborent des couleurs vives et pimpantes : des roses, des pourpres, des bleus qui s’amusent avec les reflets du ciel.

    Il reste une opposition toujours palpable entre Saint-Valery-sur-Somme, grande dame aux belles demeures d’armateurs, aux façades XVIIIe, aux quais de promenade ombragés et Le Crotoy, juste en face, de l’autre côté de l’estuaire, plus populaire, lacis de minuscules maisons de pêcheurs, entrelacs de ruelles où l’on achète moules et crevettes fraîchement pêchées. Le développement du chemin de fer à la fin du XIXe siècle permet en outre aux premiers touristes, notamment les industriels du triangle d’or formé par Lille, Roubaix et Tourcoing, de découvrir la Baie. Ils y construiront leurs villégiatures avec des avancées en bois découpé, du rocaillage, des tourelles chatouillant le ciel : une architecture balnéaire où la recherche du pittoresque et de la créativité sont les maîtres mots.

    Des paysages entre ciel et mer

    Dunes, prés salés, plages de galets… Un paradis pour les amoureux de la nature. Ici, on vit au rythme des marées : deux fois par jour et depuis plus de 10 000 ans, le plus grand estuaire du Nord de la France, avec ses 72 km2, se remplit d’eau. Malgré une amplitude de marée importante – près de 10 m – la baie est en voie d’ensablement avec des mollières (ou prés salés) qui gagnent presque 15 ha par an. Ces paysages de dunes, d’immensités de galets, de vasières, de marais… qui longtemps rebutèrent les touristes furent ainsi épargnés par une urbanisation intensive et voient leurs handicaps d’hier se transformer aujourd’hui en atouts.

    L’intérêt écologique de ces zones humides, la variété de la faune estuarienne qui compte plus de 300 espèces d’oiseaux, la diversité des habitats naturels, la présence d’espèces emblématiques, végétales ou animales, comme le phoque ou les oreilles-de-cochon, une variété d’algue comestible, font de l’estuaire de la Somme un ensemble d’une extraordinaire variété. Cette nature préservée réserve de belles surprises aux amateurs de randonnées à cheval, à vélo ou à pied. C’est aussi le paradis pour les peintres qui ne s’y sont pas trompés… Depuis le milieu du XIXe siècle et l’arrivée des premiers trains, ils viennent en nombre peindre les ciels changeants, les mollières au coucher de soleil et l’incomparable couleur de la mer.

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